Devenez Scénariste
formations livres 300 réponses contact
métier théorie avant idée scenario écriture après genres autres

L'idée


Toute idée de film, quelle qu'elle soit, doit être résumable en une seule phrase et permettre d'imaginer au moins vingt façons de l'aborder.

Exemples d'idées de film :
- Deux adolescents convient à un dîner les proches d'un camarade qu'ils viennent d'assassiner. (La Corde de A.Hitchcock).
- Un policier, à la recherche d'un dangereux criminel, se laisse totalement berner par ce dernier. (The Usual Suspect de Brian Singer)

Ensuite, face à votre idée :

Portez un regard novateur !

"Tout a déjà été écrit, mais pas par vous..."

Ce qui va distinguer votre scénario de tous les autres traitant, directement ou non, du même sujet, c'est le regard que vous allez avoir sur lui.

Mais inutile de chercher le sujet du millénaire que personne n'a jamais traité avant vous.

Aujourd'hui, on va parler du SIDA, demain de l'hépatite C et après demain du Virus WZ.

Quoi qu'il en soit, il y a cinq siècles on parlait de la peste, et globalement, cela revient exactement au même.

Les cas dramaturgiques sont très peu nombreux : la santé, l'amour, la haine, la jalousie, le besoin de vengeance, la promotion sociale etc. et toute histoire, invariablement, tournera autour de ces mêmes thèmes.

Soyez réaliste !

Il y a toujours des érudits ou des spécialistes, voire des emmerdeurs, qui connaissent mieux que vous, tout ou partie de votre sujet. Ces gens-là sont la phobie des créateurs.

Sachez en conséquence éviter erreurs, anachronismes et illogismes, fléaux souvent fatals, même à des oeuvres de qualité.

Pour ce faire : n'hésitez pas à enquêter !

C'est le seul moyen que vous possédiez pour éviter toute déconvenue finale.

Soyez original

Encore une fois, il ne s'agit pas pour vous de partir en quête de " l'idée du siècle " mais plutôt de savoir porter un regard neuf sur les choses. D'écrire votre propre histoire car, pour un premier scénario, il est fortement déconseillé de sacrifier à l'adaptation.

La théorie


Si l'idée correspond à la narration, la théorie correspond à la "morale finale" de l'histoire.

Il s'agit ici de définir ce à quoi vous voulez en venir. Quel est le but de votre scénario (hormis le fait de vous rapporter de l'argent).

Exemples de théorie :
- La naïveté permet de gagner sur les événements de la vie. (Forrest Gump)
- Les services secrets détiennent le pouvoir absolu - même celui de faire assassiner le Président de leur pays. (I comme Icare)

De l'idée naît l'histoire


Quel que soit votre SUJET, il vous faut impérativement présenter un ou plusieurs personnages animés de quelques désirs dont l'assouvissement est source de PROBLEMES face auxquels ils doivent agir tout en vous ramenant au sujet.

Et ce, en prenant toujours garde de pas vous éloigner de votre théorie.

Ce chemin est parcouru de nombreuses fois tout au long du film. Plus vous êtes aptes à innover - en restant dans le ton, à chaque nouvelle boucle -, plus votre film est proche du chef-d'oeuvre.

De l'histoire au film

Tout scénario correctement construit, et quelle qu'en soit l'histoire, s'élabore selon une empirique forme ternaire.

A savoir, trois parties distinctes " DEBUT - MILIEU - FIN " en France et " ACTE 1 - ACTE 2 - ACTE 3 " à Hollywood.

Ces tronçons ont pour sous-titre : " PREMISSES ou EXPOSITION - DEVELOPPEMENT ou INTRIGUE - RESOLUTION ou CONCLUSION ".

- Prémisses : Présentation des personnages principaux et amorce de l'intrigue.
(environ 15 mn)
- Développement : Intrigue et événements principaux permettant d'aller vers la résolution.
(environ 60 mn)
- Résolution : Réponses apportées aux principales questions du film et fin des personnages.
(environ 15 mn)

Le personnage


Le personnage lors de son entrée dans le film a une première nécessité face à laquelle le scénariste impose un obstacle.

Le héros se doit alors d'agir en conséquence.

Cette action mène naturellement à un conflit qui, lui, va permettre le drame.

C'est en évoluant de drame en drame que le sujet devient histoire, et que l'histoire devient film.

Moralité : Sans personnage, pas de film !

Création du personnage :

Recensez d'abord les caractéristiques principales du personnage dont vous avez besoin pour mener votre histoire.

- Physique

Avant tout, votre personnage paraît par son physique et son costume, dès sa première apparition à l'écran... mais qui paraît ? Le personnage réellement ? Non, au départ c'est l'acteur, qui lui prête son aspect.

Contentez-vous de spécifier :

Homme ou femme
Age ou tranche d'âge : 12 ans, 17 ans... mais la trentaine ou proche de la cinquantaine.
Carrure approximative. Grand, petit, gros, maigre ou tout simplement moyen.
Beau, laid, physique quelconque.

Inutile d'en dire plus, sans quoi le choix au niveau du casting se restreint inutilement et de façon dommageable.

- Psychologique

Comme pour le physique, l'âge est un facteur déterminant au niveau psychologique.

Portez une grande attention à cet élément, surtout s'il s'agit de jeunes personnes... question de crédibilité.

- Sociologique

L'aspect sociologique recouvre l'ensemble des motivations et des variations de caractères dues au passé et au présent social du personnage. Les deux pouvant être en opposition. Un pauvre anciennement riche n'agira pas comme un pauvre anciennement pauvre... Et réciproquement.

Les nécessités


Elles représentent l'essence de votre propos puisqu'elles sont le moteur de vos personnages.

D'emblée, face aux nécessités de votre personnage posez-vous les bonnes questions.

Que veut-il ?
Pourquoi le veut-il ?
Jusqu'à quel point le veut-il ?

Après quoi il faudra se demander :

Que va-t-il faire pour atteindre son but ? => ACTION
Comment va-t-il le faire ? => MANIERE

Qualités essentielles aux nécessites

Pour que les nécessités présentées aux spectateurs, et imposées aux personnages, fonctionnent de façon efficace, il faut qu'elles soient :

- Crédibles

Un peu dans le sens où un riche voulant à tout prix devenir pauvre sera difficile à suivre. Un amoureux voulant à tout prix ne pas être aimé de celle qu'il aime risque de laisser le spectateur légitimement perplexe, à moins qu'il s'agisse du sujet même du film. En quel cas les autres nécessités présentées au cours du film doivent, elles, être crédibles.

- Evidentes

S'il faut utiliser les trois quarts du film à expliquer les motivations profondes du personnage, le spectateur décroche en ayant l'impression d'avoir perdu son temps.

C'est d'ailleurs l'une des plus efficaces recettes du navet.

- Universelles

Le spectateur doit immédiatement s'identifier au personnage en souffrant avec lui ses difficultés et en se réjouissant de ses victoires... Quand la nécessité se nomme amour, amitié ou liberté, les risques d'erreur sont limités.

De la nécessité à l'obstacle


Souvenez-vous : Face à son désir, le personnage rencontre un problème

L'intérêt, à ce niveau de travail est de gérer parfaitement la cohésion nécessité - obstacle.

À ce sujet, il existe une règle d'or qu'il est indispensable de se faire tatouer dans la mémoire.

Tout obstacle doit être proportionnel à la force de la nécessité à laquelle il s'oppose... et réciproquement.

Pour bloquer un personnage qui veut faire ses courses, ne lui imposez pas le risque d'une explosion volcanique près de son hypermarché.

Il resterait chez lui. Point !

Inversement, s'il doit aller secourir la femme de sa vie mais qu'il s'aperçoit, en sortant de chez lui que l'ascenseur est en panne, alors qu'il habite au deuxième, cela ne fonctionne pas non plus.

Il prend les escaliers. Point !

L'action


Face à un obstacle, le personnage risque fort d'être amené à agir.

L'action n'est jamais gratuite, du moins pas dans son choix. Face à un même problème, il existe maintes façons d'agir. Et le choix du personnage, à ce niveau, est un élément essentiel au spectateur.

Sachez en substance qu'il existe deux formes d'action :

L'action physique et l'action émotionnelle.

- Un homme court pour gagner une course : il s'agit d'une action physique
- Un homme court pour rejoindre celle qu'il aime : il s'agit d'une action dite émotionnelle, puisque motivée par une émotion et provoquant une émotion "noble". Tant que le spectateur est sensé s'attacher au but profond du personnage, l'acte résultant est d'ordre émotionnel.
- Un homme court pour gagner une course dans le but de séduire celle qu'il aime... il s'agit d'un acte émotionnel.

A cet endroit, votre rôle de scénariste consiste à bien savoir ce que vous voulez montrer au spectateur. Le jeune homme qui court pour gagner une course n'aboutit pas au même impact émotionnel que celui qui fait la même chose pour séduire sa dulcinée.

Le paysan qui prend son échelle pour cueillir des cerises, obtiendra un effet différent du pompier grimpant pour éteindre un incendie, ou de l'amant se hissant sur des échelons de soie afin d'atteindre le balcon de celle qu'il voudrait embraser.

En écrivant votre scénario, ne vous contentez jamais de voir quelques images. Vérifiez bien qu'elles correspondent à ce que vous voulez montrer.

Voilà, après ce résumé plus que concis des règles d'or de la dramaturgie appliquée au scénario, il ne me reste plus qu'à vous dire un mot de cinq lettres commençant par la lettre M... E... R... CI !

Merci de m'avoir lu.