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En guise d'encouragement


Vous entendrez et lirez tout et n'importe quoi sur le métier de scénariste. La seule et unique vérité à retenir est que nous manquons de scénaristes en France. Mais attention... de réels scénaristes ! Pas d'auteurs se prétendant scénaristes parce qu'imaginant avoir écrit un scénario.

De plus en plus, chaque jour quasiment, naissent des cours d'écriture, des stages de scénario...
Il faut bien admettre que le marché est juteux, puisqu'il paraîtrait qu'un français sur deux a des velléités d'écriture.

Ce faisant, avant de vous inscrire à un stage, quel qu'il soit, vérifiez-en la viabilité. Il existe des valeurs sûres, comme le Master 2 scénario de Nanterre, le CEEA, l'Ecole de la Cité, les IIIS, la FEMIS, Louis Lumière et j'en passe.

Pour les recalés de ces monuments de la formation et les "non pris en charge" des autres écoles, il reste la jungle de ces cours qui foisonnent.

En guise d'encouragement, pour en revenir au titre de cette page, dites-vous bien que le métier de scénariste est en pleine croissance. C'est l'un des seuls où l'on ne vous demandera pas votre CV. Votre seule carte de visite sera votre projet. Et s'il est réellement viable, à tous points de vue, il trouvera preneur.

Alors, pour entrer dans ce métier, apprenez-le et prouvez votre savoir-faire. C'est un métier difficile, je ne vous le cache pas. Il exige beaucoup de travail, d'abnégation, d'humilité et de persévérance. Ce faisant, sachez qu'il y a toujours une place pour le talent... et aujourd'hui plus que jamais, puisque nous manquons de scénaristes !

Le scénario de nos jours


Un bref moment d'histoire

Tout débute sous l'ère des "modernes" de la Grèce Antique.

Sophocle, rangé du talent d'Eschyle et de son théâtre monolithique, rêve d'une narration réelle et invente la dramaturgie.

Aujourd'hui, il peut enfin reposer en paix.

Le cinéma vient en effet, au-delà de ses espoirs les plus fous, de transcender son art, rompant définitivement avec la tradition narrative ou duettiste du vieux théâtre, pour offrir aux créateurs une voie nouvelle sur les chemins de la dramaturgie.

Exit l'immobilisme, l'unité de temps ou de lieu, tout est permis, tout est "rêvable".

Un nouvel art dramatique, fait de paroles et de gestes, ou plutôt de sons et d'images, envahit l'univers des songes.

Avant même la seconde guerre, les plus habiles et les plus modernes des auteurs dramatiques savent en tirer profit : Pagnol et Guitry (paradoxalement méconnu dans ce domaine), pour ne citer qu'eux, manipulent l'art de la création audiovisuelle et scénaristique avec un tel brio que, bien vite, ils dépassent en génie maints artisans de la caméra.

Si Sacha Guitry s'était conté en tant que scénariste, sûrement nous aurait-il livré une vision lucide, moderne, voire actuelle de ce métier.

Peut-être même aurait-il su nous dire pourquoi, à l'heure où les auteurs se font toujours plus nombreux, les scénaristes viennent à manquer.

Sûrement aurait-il su vous expliquer qu'auteur et scénariste, ce n'est pas, mais pas du tout, la même chose. Dame !

Mais qui l'a compris ?

Depuis que j'enseigne l'écriture du scénario, des centaines de personnes m'ont affirmé : "J'ai une superbe idée de film, à quel producteur l'envoyer ?" ou encore "ma vie est un roman, je suis sûr qu'elle intéresserait tout le monde...".
Problème, tout le monde a des idées.

Moralité : chacun de nous a quelque chose à dire, et c'est normal ! Notre vécu se mêlant constamment à notre imaginaire, nous sommes à chaque instant des créateurs en puissance. Aussi, le problème n'est pas de savoir quel sujet traiter, mais de savoir comment le faire.

Malheureusement, ce qu'oublie l'immense majorité, c'est qu'on ne s'improvise pas scénariste, loin s'en faut !

La demande
Comme évoqué dans ma chronique, le métier est en constante expansion.
Le fait que nous manquions de scénariste n'a absolument rien d'une légende.

Le scénariste professionnel


Le scénariste face au marché

Le monde du cinéma vit un étrange paradoxe : alors que chacun s'accorde à dire que nous manquons de professionnels du scénario, et que la production de films va croissant, les producteurs se plaignent de recevoir chaque jour des quantités invraisemblables de projets.

Dans ces conditions, pourquoi auteurs et producteurs ne parviennent-ils pas à se rencontrer ?

Simplement parce que s'il est exact qu'un scénariste est avant tout un auteur, cela reste sans réciproque.

Nombreux sont ceux à imaginer avoir écrit un scénario, alors qu'ils n'ont en fait créé qu'une nouvelle, un roman ou une pièce de théâtre, mais rien qui puisse être exploité au niveau cinématographique.

Le rôle du scénariste

Le scénariste doit se conformer à des normes très précises, édictées à la fois par des contraintes techniques et par les enseignements que nous avons tirés de la dramaturgie.

Aussi incroyable que cela puisse paraître, la plus insipide des "bidasseries" n'existerait pas sans Sophocle.

L'analyse du comportement du spectateur pose chaque jour de nouvelles balises entre lesquelles le scénariste doit se mouvoir sans jamais se tromper, faute de quoi les producteurs refusent, à raison, de verser le moindre centime.

Et la créativité ?

Je vous jure qu'elle existe, qu'elle est énorme mais qu'elle ne saurait être d'une liberté totale. Jamais.

Votre liberté de créer selon vos goûts et votre instinct existe tant que vous vous trouvez face à votre feuille blanche.

Mais dès lors qu'elle est noircie avec pour dessein de se métamorphoser en film, des millions de francs sont en jeu.

Il faut comprendre que, contrairement à une toile ou un roman, le scénario n'est pas une oeuvre en soi, mais une partie d'un tout qui va le devenir. Et ce tout se nomme film.

Il faut donc faire du commercial ?

Cette réflexion sonne à mes oreilles telle une ritournelle...

Je pense sincèrement que les scénaristes souffriront moins le jour où ils admettront que leur écrit n'est qu'une partie d'oeuvre (voir ci-dessus) de laquelle il faut savoir se détacher dès qu'elle passe aux mains du réalisateur.

Ensuite, ils seront définitivement anesthésiés lorsqu'ils comprendront que le terme de "film commercial" est une aberration.

En effet, le simple geste du spectateur qui achète un billet pour voir un film est un acte commercial. Par conséquent, tout ce qui précède cet événement ultime est également à vocation commerciale.

De toute façon, tous les artistes ayant un tant soit peu réussi vous diront qu'il n'est pas nécessaire d'être pauvre pour exprimer son talent, ni de refuser les concessions pour être talentueux.